En France, le nombre d’aidants ne cesse de croître. 15 millions de personnes assistent aujourd’hui un proche. Ils assument, de façon permanente ou irrégulière, la charge d’une personne en perte d’autonomie et organisent leurs quotidiens en conséquence.
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BPCE Assurances vous présente « Ça nous rassure », l’audiomag pour vivre mieux protégé.
Paul-Emmanuel Géry
Bonjour, je suis Paul-Emmanuel Géry. Bienvenue dans ce nouvel épisode de « Ça nous rassure », le podcast qui vous fait découvrir des solutions simples et efficaces, mais aussi des innovations qui contribuent à vous protéger dans votre vie quotidienne. Ce mois-ci, nous allons nous intéresser à la solidarité intergénérationnelle et aux aidants, des rouages essentiels de la cohésion sociale. En France, le nombre d’aidants ne cesse de croître. Plusieurs millions de personnes assistent aujourd’hui à un proche. Elles assument de façon permanente ou irrégulière la charge d’une personne en perte d’autonomie, quelle qu’en soit la raison, âge, maladie, handicap. Et tout cela les oblige à organiser leur vie en conséquence. Qui sont ces aidants ? Quels problèmes rencontrent-ils ? Comment les aider, notamment ceux qui travaillent ? Nous répondrons à toutes ces questions dans ce podcast avec Julie Berbesson, directrice du département Offre et Marketing de BPCE Assurances IARD. Nous retrouverons également dans cet épisode Magued Rabia, il nous donnera des conseils, des astuces et des innovations pour la santé et l’autonomie des seniors. Et puis le reportage de Céline Da costa nous fera découvrir une belle histoire de solidarité intergénérationnelle. Bonjour Céline.
Céline Da Costa
Bonjour Paul-Emmanuel.
Paul-Emmanuel Géry
Vous êtes partie à la rencontre de Fanny, une jeune senior qui a décidé il y a quelques années de sauter le pas et d’accueillir chez elle une jeune étudiante pour tenter une cohabitation.
Céline Da Costa
Oui, Fanny, elle a contacté l’antenne de cohabitation intergénérationnelle de l’association groupe SOS Senior qui accompagne les personnes âgées tout au long de leur parcours de vie. Bonjour Fanny.
Fanny
Bonjour.
Céline Da Costa
Alors Fanny, vous avez fait appel à l’association suite à un souci de santé. Racontez-nous.
Fanny
Voilà, j’ai un souci de santé il y a deux ans, j’ai fait un infarctus. Heureusement que je n’étais pas toute seule et depuis, je ne vais plus rester toute seule le soir. Donc j’ai trouvé une personne qui s’adaptait bien à ma demande.
Céline Da Costa
qui est là avec vous le soir. Et depuis décembre 2023, vous l’avez découvert avec un journal local qui parlait de l’association Le Paris Solidaire, qui fait partie du groupe SOS Senior. Et donc, depuis décembre 2023, c’est Rania qui partage votre quotidien.
Rania
Bonjour Fanny !
Fanny
Salut Rania, tu as bien dormi ?
Rania
Oui, ça va et toi ?
Fanny
Tu bois quoi ce matin ? Tu viens un café ?
Rania
Un thé.
Fanny
Un thé, d’accord. Je vais te faire chauffer l’eau.
Rania
Tu veux quoi comme thé ?
Fanny
Du citron, thé citron, allez.
Céline Da Costa
Bonjour Rania. Bonjour. Alors vous avez 19 ans, vous êtes étudiante en école d’ingénieur, là tout près de chez Fanny, et vous arrivez à Strasbourg. Quelles sont les démarches que vous avez effectuées pour entrer en relation avec Fanny ? Vous avez contacté l’association.
Rania
Voilà c’est ça, donc j’ai contacté l’association qui elle s’est chargée de me trouver un senior pas loin de mon école. Et donc une fois qu’ils l’ont trouvé, ils m’ont passé ses coordonnées téléphoniques. Donc on a eu un échange téléphonique dans un premier temps, ça s’est bien passé. Donc on a décidé que j’allais venir la voir la semaine d’après, où j’ai passé un week-end chez elle. Donc ça s’est très bien passé, le lendemain j’ai même pu voir sa fille, on est partis à voir, donc j’ai vu un peu plus de la famille très vite. Et donc deux semaines plus tard je suis revenue et j’ai déménagé chez elle.
Céline Da Costa
Voilà donc en trois semaines c’était réglé ?
Rania
Voilà c’est ça, c’était très rapide.
Fanny
Que ça je pensais !
Céline Da Costa
Et alors depuis Fanny, vous pouvez nous dire comment se passe votre cohabitation au quotidien ?
Fanny
Ah ben moi je renais, je rajeunis, voilà. Non mais Sans aucun problème.
Céline Da Costa
Vous vouliez quelqu’un qui soit présent le soir, mais c’est bien plus que ça. Surtout le soir. Avec Rania, c’est bien plus que ça.
Fanny
Oui, c’est comme ma petite-fille.
Céline Da Costa
Vous me disiez, elle fait partie de la famille.
Fanny
Et puis alors, il y a côté politesse, parce que ce n’est pas ma petite-fille, parce que des fois, ma petite-fille, c’est des remontrances, elle me crie après, mais elle ne me dit rien.
Céline Da Costa
Donc, c’est une belle rencontre.
Rania
On a même pu voir, je l’ai emmenée voir un spectacle sur Paris. Donc, on fait plein de sorties ensemble.
Céline Da Costa
C’est très enrichissant, comme on le dit.
Fanny
Je recommande à toutes les personnes âgées qui sont seules qu’elles fassent appel à l’association.
Céline Da Costa
Oui, tiens, dites-nous, qu’est-ce que vous auriez envie de leur dire à toutes ces personnes ? Qu’elles nous aident, seniors, qu’elles nous aiment.
Fanny
N’hésite pas, qu’elles prennent un jeûne avec eux. Plutôt qu’à rester seules, on a des échanges. Plutôt qu’à rester là, dans la télé, à écouter des fois des choses qui ne sont pas marrantes. Je préfère avoir quelqu’un avec qui on puisse échanger. L’humain.
Céline Da Costa
Vous disiez, vous faites les courses ensemble, au quotidien, quelque chose qui est né entre vous. Et vous, Rania, qu’est-ce que vous diriez aux étudiants ? Quels sont les avantages que vous avez trouvés dans cette cohabitation ?
Rania
Il y a beaucoup d’avantages. Premièrement, c’est un gros point, c’est le point financier. C’est beaucoup plus avantageux, oui, cette cohabitation avec le senior. Puis il y a aussi du relationnel. Donc là, c’est vrai que j’ai des échanges au quotidien. C’est comme si j’avais une deuxième famille. Donc je la considère comme ma grand-mère. Donc comme elle dit, on va faire les courses ensemble, on mange ensemble, on partage un repas, on prend soin l’une de l’autre quand elle est malade ou quand je suis malade. Et c’est vrai que ça, ça peut aider pas mal les étudiants qui sont souvent en dépression quand ils sont tout seuls, notamment dans les petits appartements et dans une ville où ils ne connaissent personne. Franchement, je conseille fortement cette option.
Céline Da Costa
On vous remercie énormément pour… Ce moment de partage, on voit bien que cette relation, elle fonctionne bien. Vous l’avez entendu, Paul-Emmanuel, c’est un exemple de réussite, de cohabitation intergénérationnelle qui n’a que des avantages. Il permet de prévenir l’isolement social des personnes âgées, on l’a entendu, de trouver une solution à la précarité des plus jeunes. On connaît, Rania nous le disait, la difficulté que représente la recherche d’un logement pour les étudiants. Il y a sûrement pour eux un senior qui sera prêt à les accueillir en échange d’une présence rassurante. Pour ça, il suffit d’aller sur le site groupe.sos.se. aupluriel.org et je leur souhaite vraiment à tous de trouver leur Rania ou leur fanny.
Paul-Emmanuel Géry
Merci Céline pour ces beaux témoignages. Bonjour Julie Berbesson.
Julie Berbesson
Bonjour Paul-Emmanuel.
Paul-Emmanuel Géry
Alors qu’est-ce que vous avez pensé de ce reportage ?
Julie Berbesson
Je trouve que c’est une magnifique illustration de ce que la solidarité intergénérationnelle peut apporter. C’est une solution efficace et concrète pour aider les seniors à rester chez eux plus longtemps. Et puis ça illustre le principal enjeu derrière la question des aidants, qui est celui du vieillissement de la population.
Paul-Emmanuel Géry
Et pouvez-vous d’ailleurs nous donner quelques chiffres sur cette tendance ?
Julie Berbesson
L’accélération du vieillissement représente l’un des défis majeurs de la décennie. Avec la génération du baby-boom, la part des personnes âgées et très âgées dans la population va rapidement augmenter et en 2030, un Français sur trois aura plus de 60 ans. Pour la première fois, les plus de 65 ans seront plus nombreux que les moins de 15 ans et le nombre de personnes en perte d’autonomie va en parallèle grimper. Et dans cette perte d’autonomie, les proches aidants vont jouer un rôle déterminant. Évidemment, aux côtés des professionnels et des institutions, et notamment pour leur permettre de rester le plus longtemps chez eux. C’est ce que souhaitent plus de 9 Français sur 10, rester chez eux le plus longtemps possible.
Paul-Emmanuel Géry
Le groupe BPCE s’intéresse tout particulièrement à ce sujet des aidants. Ah oui,
Julie Berbesson
il fait plus que s’y intéresser. Il a pris l’engagement d’être un acteur de référence auprès des aidants. Pourquoi ? Parce qu’il a un fort ancrage territorial. C’est également lié à son modèle… coopératif et puis à sa longue expérience en matière de tutelle. D’ailleurs, le groupe a publié récemment des études et notamment une étude en septembre 2023 qui démontre le rôle fondamental des aidants.
Paul-Emmanuel Géry
Et quand on regarde les résultats de cette étude, on se rend compte que leur aide est primordiale, mais très prenante pour eux.
Julie Berbesson
Oui, il y a 9 millions de personnes qui sont en situation de handicap ou de perte d’autonomie. Et pour les aider, il y a plusieurs millions de Français qui se mobilisent au moins trois heures par semaine pour des actes de la vie quotidienne, comme le ménage, le repas, la toilette. Donc c’est à la fois un soutien matériel, mais un soutien également financier et évidemment moral.
Paul-Emmanuel Géry
Les aidants font face à de nombreuses difficultés, notamment financières.
Julie Berbesson
Oui, alors beaucoup de difficultés, mais pas que financières. Il y a évidemment le manque de temps, la pénurie d’aide professionnelle, la complexité d’organisation, mais aussi évidemment le côté financier. il y a 59% des aidants qui apportent un soutien financier à leurs proches. Et pour un tiers d’entre eux, l’aide est supérieure à 250 euros par mois, qui est un budget très conséquent.
Paul-Emmanuel Géry
Et puis, les problématiques pour concilier vie d’aidant et vie active sont parfois lourdes.
Julie Berbesson
Oui, très lourdes. 55% des aidants sont en activité. Donc, les salariés aidants souffrent surtout d’un manque de temps, de fatigue physique. Et s’ils doivent s’absenter, les salariés aidants vont privilégier la prise de congé ou de RTT. ce qui n’est pas toujours… évident pour les entreprises, surtout pour les petites entreprises, de trouver des solutions pour les aidants. Il y a également aussi une méconnaissance des dispositifs d’aide.
Paul-Emmanuel Géry
Et les aidants vivent-ils mal ces difficultés ?
Julie Berbesson
De manière paradoxale, malgré la charge mentale, la fatigue physique, les aidants expriment un vécu globalement positif. Pourquoi ? Parce qu’ils sont utiles. Ils aident une personne proche. Mais cependant, il y a de l’anxiété, de l’angoisse, de faire face à la situation, parce que c’est souvent des situations longues. Les aidants interrogés le sont depuis plus de 5 ans en moyenne et 15% le sont même depuis plus de 10 ans.
Paul-Emmanuel Géry
Alors des aides, du soutien pour tous les aidants, c’est primordial. Et bien justement, nous allons parler solutions maintenant. Magued Rabia, vous nous proposez des solutions pour aider les aidants, mais également pour améliorer la santé et l’autonomie des seniors.
Magued Rabia
Oui, j’ai envie de commencer d’ailleurs avec ces trois mots. Droit au répit. Ces trois petits mots qui ont pris de l’importance depuis qu’ils figurent dans la loi d’adaptation de la société au vieillissement. Oui, ces trois mots ont changé la situation de millions de proches aidants en France. Parce qu’accompagner un proche dépendant a un coût financier, mental et physique.
Paul-Emmanuel Géry
Alors quelles sont les solutions offertes par ce droit au répit ?
Magued Rabia
Il en existe plusieurs Paul-Emmanuel. Vous avez notamment des congés spécifiques, comme le congé de proches aidants, qui ne peut pas être refusé par l’employeur si la demande est faite. Évidemment dans les règles, il est d’ailleurs indemnisé pour les salariés, les travailleurs indépendants, les fonctionnaires et les chômeurs indemnisés. Vous avez également le congé de solidarité familiale pour faire face aux cas plus graves avec la possibilité de bénéficier d’un congé de 6 mois. Autre solution très intéressante, des solutions d’hébergement ponctuel pour une durée plus ou moins longue pour soulager les dents comme les places d’accueil de jour ou de nuit à la journée. ou demi-journées dans des structures spécialisées. Il existe aussi une prise en charge en famille d’accueil de manière occasionnelle, à temps partiel ou complet, selon vos besoins, comme les maisons de répit qui sont des lieux sécurisés, souvent médicalisés et qui disposent de professionnels pouvant dispenser des soins médicaux et paramédicaux, sans oublier des solutions de soutien. A domicile, pour les aidants, avec des professionnels qui prendront le relais à la maison.
Paul-Emmanuel Géry
Après les solutions pour les aidants, intéressons-nous aux solutions pour améliorer la santé et l’autonomie des seniors.
Magued Rabia
Oui, avec notamment des avancées technologiques, des innovations qui permettent d’accompagner nos seniors dans leur quotidien en prenant soin d’eux. Comme Emobot, testé actuellement dans plusieurs Ehpad. Emobot est une caméra qui capte les expressions du visage. Mais à quoi ça sert ? Eh bien c’est un outil précieux. pour détecter notamment les symptômes de la dépression, difficilement détectables avec Emobot. Cela permet d’avoir un regard objectif sur l’état émotionnel puisque le robot fournit un agenda émotionnel personnalisé. Vous avez également cette innovation française qui va aider le maintien à domicile des personnes âgées et qui va pouvoir détecter leur chute. Le nom Zoé Care. Ce système, ou plutôt cette prise électrique, puisque c’est une prise électrique, va permettre de détecter qu’une personne vient de chuter en analysant les variations dans les ondes du Wi-Fi. Ces ondes, qui se propagent au sein de la maison et grâce à une intelligence artificielle développée, pour cette prise électrique, ces ondes sont analysées pour vous alerter en cas de chute.
Paul-Emmanuel Géry
Magued, nous sommes donc là sur des innovations technologiques. Et pour les basiques, les essentiels, quand on souhaite aménager son logement pour le rendre plus adapté à nos seniors ?
Magued Rabia
Eh bien, il est important, Paul-Emmanuel, de définir votre besoin actuel et à venir. en tenant compte de l’agencement de votre lieu de vie. Ces aménagements d’adaptation peuvent concerner par exemple l’installation d’une rampe d’accès dans votre maison, la pose de revêtements de sol antidérapant, l’installation d’équipements spécifiques comme un siège de douche murale, des toilettes surélevées, remplacer la baignoire par une douche de plein pied. Bref, des aménagements qui vont permettre de prévenir les chutes et faciliter la vie quotidienne des personnes âgées. Et pour réaliser ces travaux d’adaptation, il existe une aide, Ma prime adapte qui est une subvention qui permet de financer 50 à 70% de vos travaux selon vos ressources. Donc, en investissant dans des solutions qui soutiennent les aidants, tout en favorisant la santé et l’autonomie des seniors, chacun peut vivre pleinement sa vie en toute sérénité.
Paul-Emmanuel Géry
Merci Magued. Parlons assurance maintenant. BPCE Assurances IARD s’implique fortement sur le sujet des aidants. Vous proposez des solutions très concrètes.
Julie Berbesson
Oui, nous avons intégré des prestations d’assistance dans nos contrats de complémentaire santé à destination des plus de 50 ans, qui interviennent lorsque l’un des assurés devient aidant ou en cas d’aggravation de la perte d’autonomie de l’aidé. Donc concrètement, on peut prendre en charge des entretiens avec un psychologue pour soutenir l’aidant, prendre en charge également la venue d’un ergothérapeute au domicile pour trouver des solutions et des aménagements qui facilitent la vie au quotidien. On peut également réaliser un bilan social pour évaluer les besoins d’aide et d’accompagnement de la personne dépendante. Puis on a des prestations d’assistance un peu plus classiques, qui trouvent tout leur sens pour faciliter la vie des aidants, comme le nettoyage au domicile, le portage de repas, la livraison de courses, des solutions également de téléassistance. On a un contrat très complet.
Paul-Emmanuel Géry
Y a-t-il d’autres offres pour les seniors ?
Julie Berbesson
Oui, dans notre contrat d’assurance auto, on va mettre à disposition des services et notamment des services dédiés aux seniors, comme des stages de remise à niveau de conduite.
Paul-Emmanuel Géry
Et c’est aussi important d’anticiper la dépendance ?
Julie Berbesson
Oui, c’est un sujet très important parce que dans nos sociétés vieillissantes et face à des pathologies de plus en plus communes, comme Alzheimer ou des maladies cardiovasculaires, la dépendance est un sujet auquel tout le monde peut être confronté. Et ça a un coût, un coût important. On estime entre 2500 à 3300 euros par mois. donc c’est important d’y penser, de l’anticiper et pour anticiper, il faut épargner et s’assurer.
Paul-Emmanuel Géry
Merci pour vos conseils Julie Berbesson, c’est la fin de cet épisode, merci à vous d’avoir suivi, à bientôt.